La nuit, je mens.

La nuit, je mens.
J'ai retrouvé ma mélancolie douce, celle qui me berce et m'endort, qui endort mes peines, qui enterre mes souffrances. C'est ce qui me rend mes talents, qui illumine mes écrits. Je n'ai aucun don, seulement des états qui me permettent d'aligner les mots, comme la vie passe, comme l'automne et ses réverbères me transportent. Je ne sais plus écrire dès qu'il n'y a plus de musique pour me dispercer, dès qu'il n'y a plus de bras autour de mon ventre, de poing qui serre mon coeur et mes tripes, dès que le vent et l'hiver ont cessé. Le bonheur est parfois une souffrance: les mots ne viennent pas avec la même facilité, on ne les derverse plus comme coule la pluie sur une vitre, on ne les étale plus comme le soleil s'étale sur ma peau. L'inspiration - ce souffle, ce courant d'air qui balaye tout ce qui me ronge, tout ce qui s'attache, tout ce que je cache - est une délivrance, une nouvelle danse, une transe... comme les nuits qui me transportent, qui m'enlacent quand il fait trop froid, comme quand tu m'accapares, que tu me fais tienne pour quelques minutes, comme quand nous dansons dans des foules insignifiantes, comme si nous étions deux et puis personne d'autre. Les amours des gens me rendent dingue: je trouve ça beau. Je m'imagine toucher cette grâce absolue un jour, cette beauté venue de nulle part. Et pourtant, il arrive que tout cela me fasse horreur. Je ne connais que des histoires d'amour ratées, bousillées, pillées. Il n'y a que des putes, des putains et puis ces hommes qui nous fendent le coeur, qui déclenchent des tempêtes dans nos ventres et sur nos joues, des tempêtes de larmes.
L'amour n'est rien sans ça, sans la trahison, sans la séparation, les cris, les coups, les pleurs... Je refuse l'ennui et les platitudes, je refuse l'affaiblissement de la pensée, des émotions. J'aime autant la passion, dans tous ses états: même dans l'euphorie la plus totale, même quand on s'en prend pleins la gueule, même quand ça a tout l'air d'un ouragan qui bousille tout. Tout même des vies, même ma vie. Je me fiche de devenir quiquonc tant que je suis quelqu'un pour une personne au moins. Je me fiche de connaitre et de passer par différents corps quand je sais que c'est le tiens, que je caresserai à la fin. Je me fiche du monde puisqu'il se fou de moi, puisqu'il me baise chaque jour, puisque je suis son souffre-douleur qui peut bien crier, crier sans que cela n'y fasse rien. Je veux juste que se soit intense, pas normal, pas comme un amour à deux balles qu'on se prête puis qu'on se retire pour un rien, pour mieux passer à autre chose, pour mieux faire semblant à nouveau, se dire amoureux, le croire fortement et s'appercevoir finalement qu'il n'en était rien, que ce n'est rien d'autre qu'une illusion, qu'il n'y avait rien à nous plaire dans l'autre, même pas la forme de son visage, ses ongles de pieds, même pas ça. Je ne veux pas me tromper, me faire tromper, baiser, me faire baiser. Je veux simplement tout vivre avec intensité et sans contraintes, sans malentendus. Pourtant, je vis dans la crainte, dans la peur, le doute et je m'étouffe, je m'engouffre dans la nuit sombre, épaisse et profonde. J'ai vécu trop de bonheurs, comme il n'est pas juste d'en vivre, comme ce n'est pas permis. Des bonheurs qui ne durent que quelques heures et qui te font vivre, qui te donnent du souffle jusqu'à l'infini, jusqu'à n'en plus finir. Alors voilà, je redoute toujours l'instant, le moment, où je vais tout perdre, où tout va s'écrouler, où je vais m'éffondrer, où je vais mourir d'une nouvelle mort, d'une millième mort. Le bonheur est incertain, il est éphemère et enfantin, il s'enfuit, il s'échappe et me laisse là, sans que je m'en sois rendu compte. Tout prend fin, tout fini par s'achever, comme une musique s'achève, comme un disque sur une platine fini par déraper, comme cet extrait qui s'éffile pour laisser place à des silences, les silences qui diront mieux le vrai. Et la vérité, c'est que je suis faible. Faible et remplie de trop d'amour, l'un engendrant l'autre.







# Posté le dimanche 15 novembre 2009 18:25

Modifié le lundi 16 novembre 2009 16:26

Peu à peu je me déglingue, victime de ta cruauté.

Peu à peu je me déglingue, victime de ta cruauté.

Je ne sais plus quoi dire, les mots n'ont pas la même attraction quand mes sanglots ne les accompagnent plus. Je ne comprends pas comment les choses peuvent changer aussi brutalement, aussi radicalement. Alors biensur, il me reste des larmes dans le ventre, des peurs, des colères qui ne me quitteront jamais parce-que ce n'est pas possible, parce-que c'est ma vie aussi, c'est encré, c'est tatoué à ma peau, c'est indélébile, inachevable. C'est comme toi, c'est comme l'amour que tu m'as fait et que tu as repris, c'est comme ce gachis que tu as mérité, c'est des journées et des années foutues en l'air, c'est toute une vie qui a perdu sens, qui a sombré dans un vertige infernal, dans un tourbillon de maux déchirants, poignants, déroutants, gerbants. J'y ai laissé chaque partie de mon corps et ma vie entière. J'ai creuvé lentement, trop lentement. J'ai souffert, tel un animal à l'abattoir. Je ne crois pas que tu imagines à quel point. Je ne pense pas que quelqu'un pourra un jour, se vanter d'avoir pleurer autant, d'avoir verser tant de larmes, d'avoir laisser s'échapper tant de sourire, d'avoir raté autant d'opportunités, d'avoir autant eu de haine pour une personne, d'avoir renier la planète toute entière, d'avoir arrêter de vivre... simplement. J'ai vécu l'enfer, je ne dis pas que je mérite le paradis... mais tout de même. Je voudrais tellement que tu saches, que tu prennes conscience du trouble que tu as causé, que tu te dégoutes toi-même, que tu en vomisses, que tu sortes des larmes de ton corps sec et sans compassion, des larmes de rage, de la rage contre toi-même. Et je te jette mon bonheur récemment retrouvé au visage, je te balance toutes mes émotions - les belles, les jolies, les douces, celles qui font du bien, qu'on a tendence à oublier, qu'on imagine ne plus exister - pour les personnes comme nous. Mais les voilà qui me reviennent, ces sensations, comme l'automne est revenu, comme le temps a passé. Alors je réapprend la vie, comme une enfant. Je réapprend à marcher, presque. A parler, à sourire, à ne plus faire semblant - surtout. C'est terrible de jouer le rôle d'une personne que l'on est pas... Il n'y a rien de pire: on y laisse son intégrité, on blesse son âme, on se perd, on se noye, on s'oublie. J'ai retrouvé qui j'étais, celle que j'avais laissé sur un bout de trottoir. Je me suis retrouvé et je m'accepte. J'accepte qu'on puisse m'aimer, que quelqu'un d'autre que toi puisse me toucher. J'accepte la poésie, la différence, la folie non certifiée, les richesses d'un autre que toi. Tu n'es plus rien, rien qu'un souvenir trop ancien, trop abîmé, tout brûlé, tout jaunis, tu n'es que ça dans ma vie qui coule, qui coule, qui coule comme un long fleuve tranquille. Tout est paisible et en place... il se pourrait que cela m'ennuie dans quelques temps. J'ai tellement detesté ça... tu déteste ça. On a touché l'ivresse - ensemble-, elle a bercé nos corps et on s'est endormis, comme deux amours perdus - amour non partagé. Des lampadaires nous avaient éblouit, on s'était trompé - sur nous. On a fait les mauvais pas: un pas en avant, des centaines en arrière. Tes silences m'ont envoyé des ''Adieu et à jamais". J'ai compris, avec beaucoup de mal. Ton comportement, les non-dits, mon trop plein d'amour, ma passion dans le coeur qui déchire tout comme le monde entier pourrait imploser. C'était la fin du monde, la fin d'une époque, d'une histoire d'un soir. La fin de ma vie rêvée, la fin de ma vie de rêve. C'était la mort avant l'heur, la mort avant l'âge. Ce soir, je vois la vie revenir à moi et réintègrer mon corps, toujours sensible, toujours très pâle. Je me reconnais, je me retrouve... je me suis tellement cherchée dans ce trou - trop profond. Le fond du trou. Fond qu'aucune main n'est parevenue à atteindre: il y avait trop de colère là-dedans. Alors, ils s'en sont tous pris pleins la gueule, pleins les oreilles, pleins la vue. C'est un reproche que je t'adresse... regarde ce que tu as fait de moi, ce que j'ai fait d'eux. Alors j'ai fini par en sortir de mon trou, mon trou noir. J'ai de la lumière plein les yeux et de l'espoir partout au coeur, au corps - jusque sous mes ongles. Je suis sortie de ce monde, où il n'y avait que toi, où je n'ai vécu que pour toi. Je t'ai quitté pour de bon, même si tu l'avais fait, toi, depuis bien plus longtemps - sans m'en avertir, en me laissant là, comme la dernière des putes, la dernière des connes. Pourtant, ton regard, il ne trompait pas... ta fébrilité, ton espérance. Oui, j'y ai cru. Je me suis racontée des histoires, comme une pauvre petite folle, une cinglée, une barge - celle qu'on voulait faire de moi. Il n'était pas question qu'une femme aime à ce point un homme, avec cette folie, cette puissance. Ce n'était donc pas possible? Inconcevable? Inadmissible? Je m'en moque, je m'en balance... Je me tire, avec mes joies retrouvés, sans ce poid que tu avais accroché à mes chevilles, à mon estomac. Je m'en vais voir la mer, je m'en vais dire la poésie, écouter celle d'un autre garçon. Il l'a dit si bien, avec tant de provocation - quand ça sort de sa bouche. Tu ne l'aimerais pas et c'est tant mieux. C'est tout ce qui m'importe.


# Posté le mercredi 21 octobre 2009 16:34

Modifié le lundi 02 novembre 2009 12:20

C'est une histoire de dingue, une histoire bête à pleurer.

"Si je deviens folle, est-ce que tu m'aimeras encore?"


L'amour fou. Qui fait qu'on devient cinglé,
qui fait qu'on s'oublie - sois-même.


# Posté le jeudi 01 octobre 2009 15:45

Modifié le lundi 05 octobre 2009 15:06

Comme les forces nous manquent, parfois.

Comme les forces nous manquent, parfois.
Je t'estime trop, je le sais. Et je me sens faible, sans aucune concistance, sans surprise. C'est de toi que je me compose. Tu n'es pas qu'une particule, tu n'es pas le coin de ma bouche ou un plis sur ma paupière - tu es mon corps tout entier. Et je me décompose dès que le vent t'emporte, j'ai des rides qui me poussent et je meurs d'un seul coup. Mon corps ne fonctionne que parce-que le tiens me fait face, mon oeil ne cligne que parce-que les tiens sont pleins de promesses et ma bouche s'étend et ne forme des sourires douteux que parce-que le tiens est tendre et enfantin. C'est toi qui me tient debout. Je suis à tes pieds et je te prie chaque nuit. Je suis un instrument, un jouet, une chose, un objet. Je ne sais pas être "quelqu'un de bien". Et puis être quelqu'un de bien, qu'est-ce que ça veut dire? Je ne suis même pas sûre de le savoir, ça n'a pas de sens. On ne peut pas être bien. On ne peut pas sourire quand des larmes nous défigurent. On ne peut pas regarder en face les belles journées quand on ne pense qu'à retourner se coucher, quand on attend la nuit et qu'en plus, on espère qu'elle soit sans fin. Je ne suis pas quelqu'un de bien, ma vie n'est pas bien, mes bonheurs ne sont pas réels et mes peines sont exagérées. Je ne sais pas m'occuper de moi-même, me secourir à tout va, me redonner du souffle quand mes poumons sont à l'agonie. Je suis tel un nouveau-né hurlant de peur, j'ai des craintes à n'en plus finir - à tel point que ma vie n'a jamais commencé, je n'ai pas su la mettre en marche. C'est du gachis, tout ce temps où tu n'as pas été là. Tout ce temps, où j'ai ignoré ton existance. Ta présence, c'est l'ultime vis, la vis indispensable du mécanisme d'une machine. Et je suis la machine, qui ne fonctionne que parce-que tu l'as décidé.




# Posté le jeudi 24 septembre 2009 16:36