Peu à peu je me déglingue, victime de ta cruauté.

Peu à peu je me déglingue, victime de ta cruauté.

Je ne sais plus quoi dire, les mots n'ont pas la même attraction quand mes sanglots ne les accompagnent plus. Je ne comprends pas comment les choses peuvent changer aussi brutalement, aussi radicalement. Alors biensur, il me reste des larmes dans le ventre, des peurs, des colères qui ne me quitteront jamais parce-que ce n'est pas possible, parce-que c'est ma vie aussi, c'est encré, c'est tatoué à ma peau, c'est indélébile, inachevable. C'est comme toi, c'est comme l'amour que tu m'as fait et que tu as repris, c'est comme ce gachis que tu as mérité, c'est des journées et des années foutues en l'air, c'est toute une vie qui a perdu sens, qui a sombré dans un vertige infernal, dans un tourbillon de maux déchirants, poignants, déroutants, gerbants. J'y ai laissé chaque partie de mon corps et ma vie entière. J'ai creuvé lentement, trop lentement. J'ai souffert, tel un animal à l'abattoir. Je ne crois pas que tu imagines à quel point. Je ne pense pas que quelqu'un pourra un jour, se vanter d'avoir pleurer autant, d'avoir verser tant de larmes, d'avoir laisser s'échapper tant de sourire, d'avoir raté autant d'opportunités, d'avoir autant eu de haine pour une personne, d'avoir renier la planète toute entière, d'avoir arrêter de vivre... simplement. J'ai vécu l'enfer, je ne dis pas que je mérite le paradis... mais tout de même. Je voudrais tellement que tu saches, que tu prennes conscience du trouble que tu as causé, que tu te dégoutes toi-même, que tu en vomisses, que tu sortes des larmes de ton corps sec et sans compassion, des larmes de rage, de la rage contre toi-même. Et je te jette mon bonheur récemment retrouvé au visage, je te balance toutes mes émotions - les belles, les jolies, les douces, celles qui font du bien, qu'on a tendence à oublier, qu'on imagine ne plus exister - pour les personnes comme nous. Mais les voilà qui me reviennent, ces sensations, comme l'automne est revenu, comme le temps a passé. Alors je réapprend la vie, comme une enfant. Je réapprend à marcher, presque. A parler, à sourire, à ne plus faire semblant - surtout. C'est terrible de jouer le rôle d'une personne que l'on est pas... Il n'y a rien de pire: on y laisse son intégrité, on blesse son âme, on se perd, on se noye, on s'oublie. J'ai retrouvé qui j'étais, celle que j'avais laissé sur un bout de trottoir. Je me suis retrouvé et je m'accepte. J'accepte qu'on puisse m'aimer, que quelqu'un d'autre que toi puisse me toucher. J'accepte la poésie, la différence, la folie non certifiée, les richesses d'un autre que toi. Tu n'es plus rien, rien qu'un souvenir trop ancien, trop abîmé, tout brûlé, tout jaunis, tu n'es que ça dans ma vie qui coule, qui coule, qui coule comme un long fleuve tranquille. Tout est paisible et en place... il se pourrait que cela m'ennuie dans quelques temps. J'ai tellement detesté ça... tu déteste ça. On a touché l'ivresse - ensemble-, elle a bercé nos corps et on s'est endormis, comme deux amours perdus - amour non partagé. Des lampadaires nous avaient éblouit, on s'était trompé - sur nous. On a fait les mauvais pas: un pas en avant, des centaines en arrière. Tes silences m'ont envoyé des ''Adieu et à jamais". J'ai compris, avec beaucoup de mal. Ton comportement, les non-dits, mon trop plein d'amour, ma passion dans le coeur qui déchire tout comme le monde entier pourrait imploser. C'était la fin du monde, la fin d'une époque, d'une histoire d'un soir. La fin de ma vie rêvée, la fin de ma vie de rêve. C'était la mort avant l'heur, la mort avant l'âge. Ce soir, je vois la vie revenir à moi et réintègrer mon corps, toujours sensible, toujours très pâle. Je me reconnais, je me retrouve... je me suis tellement cherchée dans ce trou - trop profond. Le fond du trou. Fond qu'aucune main n'est parevenue à atteindre: il y avait trop de colère là-dedans. Alors, ils s'en sont tous pris pleins la gueule, pleins les oreilles, pleins la vue. C'est un reproche que je t'adresse... regarde ce que tu as fait de moi, ce que j'ai fait d'eux. Alors j'ai fini par en sortir de mon trou, mon trou noir. J'ai de la lumière plein les yeux et de l'espoir partout au coeur, au corps - jusque sous mes ongles. Je suis sortie de ce monde, où il n'y avait que toi, où je n'ai vécu que pour toi. Je t'ai quitté pour de bon, même si tu l'avais fait, toi, depuis bien plus longtemps - sans m'en avertir, en me laissant là, comme la dernière des putes, la dernière des connes. Pourtant, ton regard, il ne trompait pas... ta fébrilité, ton espérance. Oui, j'y ai cru. Je me suis racontée des histoires, comme une pauvre petite folle, une cinglée, une barge - celle qu'on voulait faire de moi. Il n'était pas question qu'une femme aime à ce point un homme, avec cette folie, cette puissance. Ce n'était donc pas possible? Inconcevable? Inadmissible? Je m'en moque, je m'en balance... Je me tire, avec mes joies retrouvés, sans ce poid que tu avais accroché à mes chevilles, à mon estomac. Je m'en vais voir la mer, je m'en vais dire la poésie, écouter celle d'un autre garçon. Il l'a dit si bien, avec tant de provocation - quand ça sort de sa bouche. Tu ne l'aimerais pas et c'est tant mieux. C'est tout ce qui m'importe.


# Posté le mercredi 21 octobre 2009 16:34

Modifié le lundi 02 novembre 2009 12:20

C'est une histoire de dingue, une histoire bête à pleurer.

"Si je deviens folle, est-ce que tu m'aimeras encore?"


L'amour fou. Qui fait qu'on devient cinglé,
qui fait qu'on s'oublie - sois-même.


# Posté le jeudi 01 octobre 2009 15:45

Modifié le lundi 05 octobre 2009 15:06

Comme les forces nous manquent, parfois.

Comme les forces nous manquent, parfois.
Je t'estime trop, je le sais. Et je me sens faible, sans aucune concistance, sans surprise. C'est de toi que je me compose. Tu n'es pas qu'une particule, tu n'es pas le coin de ma bouche ou un plis sur ma paupière - tu es mon corps tout entier. Et je me décompose dès que le vent t'emporte, j'ai des rides qui me poussent et je meurs d'un seul coup. Mon corps ne fonctionne que parce-que le tiens me fait face, mon oeil ne cligne que parce-que les tiens sont pleins de promesses et ma bouche s'étend et ne forme des sourires douteux que parce-que le tiens est tendre et enfantin. C'est toi qui me tient debout. Je suis à tes pieds et je te prie chaque nuit. Je suis un instrument, un jouet, une chose, un objet. Je ne sais pas être "quelqu'un de bien". Et puis être quelqu'un de bien, qu'est-ce que ça veut dire? Je ne suis même pas sûre de le savoir, ça n'a pas de sens. On ne peut pas être bien. On ne peut pas sourire quand des larmes nous défigurent. On ne peut pas regarder en face les belles journées quand on ne pense qu'à retourner se coucher, quand on attend la nuit et qu'en plus, on espère qu'elle soit sans fin. Je ne suis pas quelqu'un de bien, ma vie n'est pas bien, mes bonheurs ne sont pas réels et mes peines sont exagérées. Je ne sais pas m'occuper de moi-même, me secourir à tout va, me redonner du souffle quand mes poumons sont à l'agonie. Je suis tel un nouveau-né hurlant de peur, j'ai des craintes à n'en plus finir - à tel point que ma vie n'a jamais commencé, je n'ai pas su la mettre en marche. C'est du gachis, tout ce temps où tu n'as pas été là. Tout ce temps, où j'ai ignoré ton existance. Ta présence, c'est l'ultime vis, la vis indispensable du mécanisme d'une machine. Et je suis la machine, qui ne fonctionne que parce-que tu l'as décidé.




# Posté le jeudi 24 septembre 2009 16:36

J'veux visiter ton paradis.

J'veux visiter ton paradis.
"- J'suis juste fou d'amour, c'est complètement con. C'est complètement con, hein? Si...c'est complètement con!
- Si tu veux...
- Ca faisait tellement longtemps que j'étais pas tomber amoureux... Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça. Tu sais, l'histoire du ventre qui est noué... La poitrine en feu, les jambes qui te lâchent. Je sais bien hein, qu'il faudrait que je me calme, que je devienne raisonnable mais je n'y arriverai pas là, maintenant.
Tu m'excuses de m'épancher comme ça, là, devant toi? Mais de toute façon je ne pourrais pas parler d'autre chose. Tu voulais parler d'autre chose?
- Non, non, vas-y, ne te gêne pas.
- Elle m'aimera jamais cette fille, elle va jamais m'aimer! Je me mens en plus...il n'est pas question que cette fille ne m'aime pas."


La belle personne, Christophe Honoré.

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 13:04

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 16:43